Mauritius Times : Qu'est-ce que le dernier cinéma politique - toujours au stade de gestation - et avec comme principales vedettes les Dulloo, Baichoo, Ramjuttun, Bérenger et Ramgoolam vous inspire?
Jack Bizlall : Je le redis et je vais répéter cela à chaque fois que l'occasion m'est donnée. Nous sommes en société oligarchique où tout se décide entre les familles et entre les individus qui nous gouvernent et qui contrôlent la société. Le renouvellement en société oligarchique se fait par l'héritage. Il se fait aussi par des alliances entre individus et par la seule décision des leaders. Ce n'est certainement pas du cinéma. Aucunement. Ce sont les pratiques qui correspondent à un système. Nous ne sommes pas en démocratie. Cela devrait nous répugner. Je trouve inacceptable que les Mauriciens s'intéressent à ces horreurs.
L'aberration dans tout ça, c'est qu'il existe une situation où certains agissent selon les prédictions de leurs astrologues, et d'autres parce qu'ils pensent être nés dans la caste qui s'est octroyé le pouvoir de décider qui sera le Premier ministre du pays. Toutes ces tractations sont encouragées par deux héritiers qui ne font rien de bon, pensant que tout a été fait par leurs pères ; et un King Maker qui a éliminé tous les hommes et les femmes pensants de ce qu'il considère son parti-propriété privé, pour pratiquer des tractations inacceptables, afin de trouver l'homme providentiel qui le porterait au pouvoir. Voilà la République de Maurice dans toute sa laideur.
* Qu'est-ce qui explique cette soudaine poussée d'adrénaline chez les Dulloo et Baichoo, pour ne citer que ces deux-là? Pourtant les élections ne sont pas prévues pour demain et rien n'indique que le navire prend de l'eau?
-- Il n'y pas besoin de penser plus qu'il n'en faut. Le gouvernement nous propose une politique qui ne résout pas nos problèmes de société, et qui sur plusieurs plans aggrave encore plus ces problèmes. Le plan de Sithanen est une catastrophe pour le pays. Le gouvernement de Ramgoolam se fragilise. Par rapport au soutien qu'il avait eu lors des élections générales et municipales, il recule dans l'opinion publique. Les sondages vont de plus en plus confirmer cette chute.
Le MMM, n'ayant aucune politique alternative à proposer, n'a que la tactique de la déstabilisation comme moyen pour affaiblir l'adversaire politique soit pour le pousser à un partage du pouvoir politique ou le remplacer. Plus cette déstabilisation donnera des résultats, plus les rats vont quitter le navire. Une telle stratégie n'est possible que si elle est mise en place longtemps avant les élections.
Ce dont vos lecteurs doivent prendre conscience, c'est que ces partis politiques souhaitent tous des alliances entre eux et qu'il n'existe pas de différences politiques majeures entre eux. Les vrais imbéciles sont donc les électeurs qui pensent que l'un ou l'autre parti politique proposera une autre politique.
* Pensez-vous que Navin Ramgoolam est en train de subir les événements ou faut-il plutôt se dire qu'il s'était préparé de longue date pour se débarrasser de Baichoo et Dulloo?
-- Ramgoolam est rancunier et bien qu'il ait un faciès qui passe mieux que Bérenger ou Jugnauth, il a un caractère qui horripile son entourage. Tout jeune, il est ainsi.
Je crois qu'il subit des effets combinés de sa propre politique et de ses rapports difficiles avec ses ministres et ses conseillers. Mais toute alliance qu'un parti politique veut avec un autre parti politique se fait à partir du débarras de certains hommes forts.
S'il faut croire que Ramgoolam a voulu se débarrasser de Baichoo et de Dulloo, c'est qu'il prépare une alliance avec le MSM. Et si le MMM compte s'allier avec le PT, c'est qu'il se débarrassera aussi des Dulloo et autres Baichoo.
Qu'importe ! Puisque si le MMM finira dans une alliance avec le MSM, Dulloo et Baichoo ne posent aucun problème. A ce petit jeu les journaux ont de quoi pour nourrir leurs lecteurs de palabres, de dénonciations, de retournements de vestes, etc., pendant plus de deux ans.
* Madun Dulloo constitue-t-il, selon vous, un cadeau empoisonné pour Paul Bérenger et le MMM?
-- Madun Dulloo, je le connais personnellement. Depuis 1976. Nous étions membres de l'aile gauche du MMM. Quand j'ai démissionné du MMM, il est resté et s'est intégré à la direction du MMM. Il est passé au MSM pour ensuite s'allier au PTr, et au MMM en plusieurs occasions. On se sert de lui. Il se sert des autres. La vie est ainsi faite pour lui.
Bérenger aime bien les politiciens comme Dulloo. Il adore l'hermaphrodisme politique. Il est le maître de cérémonie de ces accouplements politiques. Ce sont au fond de véritables poisons pour le pays. Les jeunes quittent ce pays à cause d'eux. Toute réflexion sur ce pays n'intéresse personne. Les personnes expriment leurs problèmes sur nos radios privées. Personne n'écoute. Ce qui intéresse nos politiciens pouvoiristes, c'est le pouvoir pour le pouvoir et les avantages qui en découlent. Si le changement ne vient pas par la pratique de César, il faudra une césarienne.
* En tout cas Madun Dulloo devra, semble-t-il, faire preuve de patience pour ce qui est du partage du ‘prime ministership' avec Paul Bérenger - le Bureau politique du MMM n'a même pas eu des discussions sur les relations que ce parti compte entretenir avec le leader du MMSM. Etait-ce prévisible?
-- Que dites-vous ! De quel Bureau politique vous parlez ? Le MMM appartient à Bérenger. Bérenger n'a de compte à rendre à personne et personne n'osera lui demander des comptes.
Bérenger a fait avaler plusieurs couleuvres aux militants du MMM, depuis l'alliance avec le PSM en 1982. Dans ce parti il ne reste que les Oui-Missié-Paul, les Oui-Moburzwa, et les Entièrement-d'accord-Paul. La différence se situe entre les membres bénévoles, les agents et les députés-dirigeants.
De quel partage de prime ministership vous parlez ? Bérenger c'est notre Iznogoud qui veut être calife à la place du calife. De toutes les façons, Dulloo fantasme sur le poste de Premier ministre depuis qu'il était au MSM. A chacun son fantasme.
* Il est probable aussi que Paul Bérenger ne souhaite pas brusquer les choses et froisser aucun des premier ministrables au sein ou proche de son parti. D'où l'attente imposée à Madun Dulloo, n'est-ce pas?
-- Je pense que Alan Gannoo a dû faire appel à un autre astrologue que Baichoo. Si c'est le même on devrait avoir avec Dulloo, Bérenger, Ramjuttun, Gannoo, Baichoo, un Premier ministre à cinq têtes. Et si encore deux autres premier ministrables se présentent, je vous parlerai volontiers des chapitres 12 et 13 de L'Apocalypse de Jean.
Bérenger ne froisse personne. C'est le seul politicien à Maurice qui maltraite mais qui ne salit pas. Qui casse les alliances sans partir. Il ne fait que provoquer son expulsion. Il n'encourage pas de transfugisme, il libère des innocents des ventres de requins. Si je comprends bien, Dulloo est en attente. En attente de quoi ? D'une libération ? Avec Bérenger ce n'est que la servitude qui se présente à lui. Encore une histoire d'O.
* La stratégie de Paul Bérenger devient-elle plus claire pour vous ? Est-il, selon vous, en train de couillonner tout ce beau monde de premier ministrables ? Quelles sont les chances de réussite de sa stratégie ?
-- Je crois que c'est Philippe Bouvard qui a dit qu'il existait deux types de politiciens opportunistes : les girouettes qui suivent la direction du vent et les météorologues qui anticipent la direction du vent.
Un opportuniste agit selon les gains de l'heure. Il vit au présent. Il n'est sincère qu'au présent. Par ailleurs, c'est Sacha Guitry qui a dit que l'homme est toujours sincère mais qu'il change de sincérité très souvent. Il s'est marié, je crois, huit fois. Apparemment ce n'est pas seulement en amour que certains hommes agissent ainsi. Entre politiciens opportunistes ils se couillonnent mutuellement. Le problème ici est, qu'entre Bérenger et Dulloo, il y a une entente cordiale entre deux personnes qui veulent être Premier ministre à la place de l'autre. C'est l'alliance entre l'aveugle et le paralytique.
* Au regard de la stratégie du leader du MMM, pensez-vous qu'il aura, au bout du compte, à rechercher le soutien du MSM pour obtenir une victoire électorale - même s'il exprime des doutes sur le positionnement de ce parti actuellement ?
-- Quand sa stratégie ne fonctionne pas et qu'il subit la critique, Bérenger dit toujours qu'il ne faudrait pas être wise after the event. Il est donc toujours wise. Même après les échecs. Il finira dans les bras de Pravind Jugnauth. Avec le retour de Anerood Jugnauth sur la scène politique après juin 2008, les alliances peuvent changer. A moins que Ramgoolam maintienne Anerood Jugnauth à son poste de Président. Si tel est le cas, une alliance PTr-MSM est plus plausible.
* Lorsque le fils se permet de désavouer publiquement son père de Président pour les éloges de ce dernier à l'adresse du gouvernement Ramgoolam concernant la réforme de l'éducation, est-ce pour vous une indication claire et nette que le fils contrôle désormais la destinée du MSM et qu'il pourra mater son père si le besoin se faisait sentir demain?
-- La famille Jugnauth c'est une dynastie avec son Sun Trust. Qui contrôle le Sun Trust contrôle le MSM. Apres avoir maté son oncle, il ne sera pas difficile de mater son père. Il ne faut pas trop attendre de Jugnauth fils. Mais contrairement à Nababsing, pour reprendre une Rafarinade de Bérenger, c'est un lapin qui ne veut plus jouer au lapin. Et ça, Bérenger le sait. C'est la toute la difficulté pour Bérenger de s'entendre avec lui.
* Avec les Raj Dayal, Dinesh Ramjuttun, Ashock Jugnauth, Madan Dulloo à ses côtés, il ne manque que l'équivalent d'un Rashid Beebeejaun pour que Paul Bérenger soit comblé. Est-ce un oiseau rare à trouver, selon vous?
-- Pourquoi vous croyez que Bérenger fait de beaux yeux à l'ancien Maire de Port Louis ? Avec lui c'est l'ethno-politique dans toute sa rigueur. No stone is left unturned. Je dirai même plus, aucune tortue n'est laissée sur les pattes.
Beebeejaun demeure quand même un oiseau rare. Avec les milliards de la famille Rawat...
* Au fait, Paul Bérenger n'est-il pas en train de rééditer l'exploit de Navin Ramgoolam comme en 2005, en s'appuyant sur la même stratégie du leader du PTr, c-à-d rechercher le soutien de quelques grosses pointures et mettre en application par la suite une stratégie d'ouverture vis-à-vis de la communauté musulmane?
-- D'autres dirigeants politiques de Maurice ont pratiqué cette tactique depuis les élections de 1967. Comment penser que notre pays peut prétendre se stabiliser par des pratiques qui déstabilisent ?
La seule période qui a fait honneur au pays, politiquement parlant a été la courte période entre 1969 et 1972. S'il n'y avait pas eu les élections partielles de Triolet et le renvoi des élections de 1972, le MMM n'aurait pas été ce qu'il est aujourd'hui et le pays aurait pris une autre direction. L'histoire nous a donné une deuxième chance en 1976, et même une troisième chance en 1982.
On ne peut qualifier d'exploit les tractations ethno-pouvoiristes de Ramgoolam en 2005. Ce n'est pas quelque chose qu'il faut renouveler.
* Une alliance bleu-blanc-rouge sera-t-elle suffisante pour le Dr Navin Ramgoolam, selon vous, pour contrer cette stratégie de Paul Bérenger afin de s'assurer d'une victoire?
-- Ramgoolam est libre de faire ce qu'il veut. Bérenger aussi. Nous avons connu toutes les alliances possibles : Bleu-Blanc-Rouge ; Rouge-Mauve ; Mauve-Blanc, etc. Il y a même eu une situation jamais vue dans notre histoire avec le MSM en alliance avec le PTr au gouvernement et en même temps en alliance électorale avec le MMM.
Ça a changé quoi ? Aujourd'hui tout le monde est sous pression. Personne n'a confiance dans ce pays. La pauvreté s'installe partout. Il suffit d'un simple mauvais temps pour que la panique s'installe.
Je vais vous dire une chose. Du plus profond de mon cœur. Parlez-moi de tout. J'ai pris la décision de ne plus parler de ces conneries d'alliances politiques. Cela ne m'intéresse pas. Cela ne m'a jamais intéressé. Ce n'est pas cela la politique. J'ai été à une autre école.
Pour moi, il y a des questions plus importantes qui méritent notre attention. La pauvreté est sans doute le plus gros problème à solutionner. Les organisations se rencontrent à la Salle des Fêtes à 10.00 heures le 19 avril 2008 pour réfléchir sur la question et manifester à partir de 13 heures.
Mon analyse porte sur deux axes.
Nous sommes en société de consommation avec la recherche du profit et sa maximisation comme les seuls objectifs. Quand la société se casse en deux et que cette cassure s'élargit, la pauvreté se répand. Une société qui ne produit que pour ceux qui ont beaucoup d'argent, est une société qui pousse les prix des articles de consommation des masses vers le haut. Ceux qui ne travaillent pas et ceux qui, à Maurice, touchent des salaires de famine crèvent lentement. Le taux de l'inflation est horriblement trop haut à Maurice et le coût de la vie est insupportable. Il faut une autre politique pour baisser le taux d'inflation, protéger et rehausser les salaires, et rendre tout ce qui existe à Maurice accessible par leurs prix aux masses.
Nous sommes entrés avec Sithanen dans une phase de concentration des moyens de production entre les mains de quelques familles capitalistes qui privilégient l'économie d'appoint à l'économie réelle. Notre pays produit de moins en moins pour notre population et nous entrons dans la logique de l'insécurité alimentaire. Il faut une distribution des terres et une politique d'aide financière et technique pour construire une nouvelle base économique pour la production agricole, pour le développement de la pêche semi-industrielle, pour relancer notre production fermière, pour tous nos besoins en termes de produits artisanaux, pour un secteur de service de proximité, etc.
Il faut renverser la vapeur car nous entrons dans une phase de dépossession des petits producteurs de leurs terres et de leurs moyens de production par l'accroissement du coût de production, l'endettement et leur incapacité de renouveler leurs moyens de production.
J'appelle l'économie réelle, la partie de notre économie qui s'occupe de tout ce dont nous avons besoin en tant que population. Produits agricoles, fermiers, industriels, etc., et tous les services qui s'occupent de notre encadrement de bien vivre, de loisir, incluant le secteur de construction, etc. J'appelle l'économie d'appoint cette partie de notre économie qui nous apporte des devises comme le secteur de la Zone Franche, le secteur sucrier, etc.
Il ne faut point laisser notre économie d'appoint tuer notre économie réelle. Comme quand, par exemple, on adopte une stratégie de dépréciation de notre monnaie pour favoriser le secteur d'appoint.
Je me demande ce que le pays gagne en poussant nos jeunes à travailler dans les Call centres à Ebene pour s'occuper de paris ou de sexe. On aborde toutes ces questions dans le livre Toi et Moi que le Mouvement Premier Mai a publié en 2005.
Le régime en place va commettre un crime contre notre société en abolissant le Termination of Contract Board. Quand les capitalistes n'auront plus l'obligation de justifier une fermeture d'usine, ils vont tuer encore plus notre économie réelle et aucun gouvernement n'aura de contrôle sur eux. La GWF, la FPU et la FTU se réunissent le samedi 29 mars à 13 heures au collège Patten à Rose Hill pour réfléchir sur cette question, entre autres.
On ne s'intéresse plus aux questions pertinentes. Voyez les profits énormes que font les banques sur l'endettement des entreprises et des ménages, sur la dépréciation de notre roupie, etc. Voyez les bilans des entreprises qui font du leasing. Voyez les bilans des entreprises offshore.
Le ministre Sithanen semble être heureux de recevoir des millions des projets IRS. Les investisseurs gagnent des milliards avec ces projets. Vous verrez combien coûtera une toise de terre sur le littoral. Vous verrez combien toucheront les gens de maison de ces multimillionnaires. Voyez le nombre de terrains de golf qui sont en construction. Des terres dont nous aurons grand besoin demain sont ainsi converties en centre de loisirs pour d'autres multimillionnaires. Que devient notre pays ? Où va-t-il ?
Je dis qu'il faut revoir tout ça.
J'ai appris comme vous que le gouvernement vient avec des changements de notre Constitution. Uniquement sur le plan électoral. En déclarant que seuls les grands partis politiques seront engagés dans de tels débats, Ramgoolam oublie ce qui s'est passé lors des discussions entre les dirigeants des partis politiques et les Britanniques.
Je pense qu'il ne faut pas dissocier la reconstruction du Mauricianisme avec l'introduction d'une nouvelle Constitution. Il ne faut pas donc qu'ils agissent en tant qu'oligarques et qu'ils tranchent des questions importantes sur le dos des citoyens et dans leurs intérêts.
Le Mouvement Premier Mai a publié un premier document sur la nécessité de passer à une deuxième République. Intitulé Entre Nous, ce document propose une base pour la construction du Mauricianisme et parle de l'Etat, de la citoyenneté, de race et du racisme. Le Mouvement a envoyé des copies aux journaux et aux radios, or personne n'en parle. On n'y peut rien. La copie se vend à Rs 50. Ceux qui sont intéressés peuvent nous contacter.
Je pense qu'une nouvelle Constitution doit faire beaucoup de place à la femme. J'ai écrit un texte préliminaire dans lequel je remets en question la stratégie actuelle de concevoir la place de la femme en société patriarcale par la complémentarité et l'égalité avec les hommes. Je propose une nouvelle approche sur la différence entre homme et femme dans une société libérée du pouvoir des hommes sur les femmes et les enfants.
Je vais proposer aussi un projet éducatif sur l'assertion des jeunes à la place de la pratique actuelle de l'intégration. Il y a beaucoup de travail de réflexion à entreprendre. D'autres publications sont dans leurs phases de discussion et de rédaction. Le programme du Mouvement Premier Mai progresse. D'ici la fin de 2008, nous serons en mesure de porter le débat sur notre société. Quant à notre action politique tout dépendra de ce que les travailleurs et les citoyens veulent assumer dans la lutte pour leurs libertés et leurs droits.
Je pense que nous avons la chance de vivre à Maurice. Nous avons tout pour vivre heureux ici. Nous les adultes devons aider à créer une société qui ne pousse pas nos enfants à partir ailleurs mais au contraire créer les conditions pour le retour de ceux qui sont partis. Construire une autre société est possible.
* Certains pourraient vous dire : « Arrête rêver, camarade ! »...
-- Quand des personnes me disent que je rêve, je leur pose la question : Mais que souhaitez-vous donc dans vos prières ? Certains me répondent que ce que Dieu peut, les Hommes ne peuvent pas. Je ne peux m'empêcher de sourire en pensant que nous voulons tous le bonheur dans le changement, mais que nous faisons tout pour que le changement ne vienne pas et voyons le bonheur s'éloigner, tout en espérant que Dieu changera quand même les choses. D'autres me répondent : Des fois on n'a pas le temps de rêver. C'est grave.
La République de Maurice doit réfléchir sur des questions qui vont dans quelques années nous toucher d'une façon ou une autre. Ce sont les changements climatiques avec des cyclones qui seront accompagnés de vents de plus de 250 Kms, avec périodiquement des inondations et de longues périodes de sécheresses, Nous avons, dès maintenant, à réfléchir sur notre sécurité alimentaire. Le prix du riz, de la farine et des grains secs va monter considérablement. Le pic du pétrole est derrière la porte et le transport et l'électricité vont coûter très cher. Je demande à nos enfants de prendre leur destinée en main.
Interview MAURITIUS TIMES, 28 MARCH 2008