
Maurice peut devenir
100 % carbon neutral, a confié sir Richard Branson à un groupe de journalistes hier matin (Lundi 19 Mai) peu après la cérémonie protocolaire à l'aéroport pour accueillir l'appareil de Virgin Atlantic. Il s'est déclaré disposé à aider le pays à atteindre cet objectif. Nous publions, ci-dessous, l'essentiel de cet entretien.
Sir Richard Branson, vous êtes connu dans le monde comme un opérateur global exemplaire. On vous vu récemment en Chine et en Inde accompagnant le Premier ministre britannique. Comment la petite île Maurice s'inscrit-elle dans votre stratégie globale ?
La marque Virgin opère dans la plupart des pays du monde. Nous aimons relever les défis et voir comment nous pouvons combler les lacunes là où les choses ne sont pas faites comme elles auraient dû l'être. Lorsque nous démarrons une liaison aérienne dans un pays, cela constitue un excellent porte-drapeau pour la marque Virgin. En utilisant la compagnie aérienne, nous avons la possibilité de visiter le pays et d'apprendre beaucoup de choses sur lui. Nous essayons par la suite de voir dans quels domaines nous pouvons être utiles et aider le pays. Nous sommes une des marques les plus respectées dans le monde et aurions bien aimé être la plus importante. Nous aimons faire les choses bien, avec style et panache. Nous apportons une valeur ajoutée à ce que fait déjà la population.
Durant ma courte visite à Maurice, j'ai eu l'occasion de parler à différentes personnalités. Le réchauffement de la planète est la plus importante menace pour l'humanité. Je suppose qu'il constitue une menace considérable pour Maurice. Le dioxyde de carbone est un ennemi invisible et on ne peut manquer de voir que la situation empire d'année en année. Son niveau dans l'atmosphère a augmenté beaucoup plus rapidement que les experts l'avaient prévu. En tant que compagnie aérienne, nous contribuons à ce problème et, en même temps, nos envisageons d'augmenter le nombre de vols à destination de Maurice. Nous sommes tous en train de contribuer à endommager la planète. Un pays comme Maurice a la possibilité de devenir the greenest country in the world. Vous avez tout ce qu'il faut en main. Vous avez des montagnes où des éoliennes peuvent être installées, vous avez le soleil avec un grand potentiel de production d'énergie solaire, vous avez le sucre, une des moyens les plus efficients pour alimenter les voitures, les camions, les autobus. Au Brésil, 80 % des véhicules utilisent l'éthanol comme carburant. Maurice a la possibilité de devenir 100 % carbon neutral. Nous mettons tous les profits que nous réalisons au niveau de la compagnie aérienne dans le domaine de l'énergie propre. Nous serons heureux d'aider Maurice à devenir un carbon neutral country. Vous serez un exemple pour le reste du monde. Si le réchauffement de la planète s'accélère, toutes vos plages, toute la partie côtière de Maurice risque de disparaître. Ce qui aurait un effet dévastateur sur le tourisme. De plus, les prix des produits pétroliers risquent d'augmenter encore plus vite et une bonne partie du monde se transformera en désert. En voyageant à travers le monde, on cherche des occasions pour apporter notre contribution. Une bonne partie de vos revenus vont en Inde, d'où vous importez vos produits pétroliers. Si vous pouviez garder cet argent dans le pays, cela permettrait d'investir chez vous.
Vous avez rencontré ce matin le ministre de l'Industrie, Rajesh Jeetah, qui a souhaité voir votre compagnie investir dans d'autres secteurs en dehors de l'aviation. Quels sont les possibilités d'investissements à Maurice ?
Cela a été très aimable de sa part de venir à l'aéroport et nous avons eu un échange sur les secteurs où nous pourrions apporter notre contribution. Il a été question de l'industrie du rhum, de la création d'hôtels de haut niveau, de l'extraction de l'eau des océans. Nous allons certainement faire le suivi et voir dans quels domaines nous pourrions collaborer.
Virgin Atlantic aurait-elle souhaité utiliser Maurice comme un hub pour desservir des pays comme l'Australie ou autre ?
C'est une possibilité. Je pense que les gens qui viennent directement à Maurice n'auraient pas souhaiter aller ailleurs. Je n'ai pas encore réfléchi sur la question mais nous l'étudierons.
Les habitudes des voyageurs changent et ces derniers deviennent beaucoup plus exigeants pour ce qui concerne le respect de l'environnement, de la loi du travail et de la démocratie. Est-ce que ce changement affecte le marché touristique et des affaires ?
Maurice est un pays idéal pour faire des affaires. Vous avez un pays stable et démocratique. Je ne vois aucun obstacle qui empêcherait les gens de faire des affaires à Maurice. Je viens du Kenya. Je pense que beaucoup de pays peuvent apprendre de Maurice.
Vous avez été très proche de Steve Fossett. Sa disparition vous a-t-elle beaucoup marqué ?
Steve était une personne remarquable. Il a pris sa retraite à l'âge de 55 ans pour se livrer à des aventures. Entre 55 et 65 ans, il a établi 125 records enregistrés par le Guiness Book of Records dans 20 différents secteurs. C'est incroyable qu'il ne soit plus là. Il a vécu la vie de beaucoup de personnes. Il savait qu'il prenait des risques énormes à chaque aventure. Il n'a pas été tué alors qu'il faisait le tour du monde en ballon ou dans d'autres activités périlleuses. Il a été tué alors qu'il voyageait dans un avion ordinaire. J'ai beaucoup de bons souvenirs de lui. Le fait qu'il ait disparu complètement me fait espérer qu'il vit avec une belle femme en Amérique Latine. On ne sait jamais. (Rires).
Avez-vous d'autres aventures, d'autres défis à relever ?
In a sense, I've stepped back a bit. Record breaking put my life to risk. I stopped doing foolish things like ballooning and boating. Cela dit, j'irai dans l'espace dans 18 mois avec ma famille à bord du vaisseau spatial Virgin Galactic. Cependant, ce ne sera pas une activité pour améliorer un record, cela fait partie d'un programme spatial. J'ai utilisé les activités comme le ballooning et le boating pour mettre Virgin sur la carte du monde. Ayant fait cela, je veux consacrer davantage mon temps à d'autres problèmes dans le monde. J'espère que je serai toujours là à 90 ans et serai en train de faire de bonnes choses.
Source: Le Mauricien