Le Premier ministre, dans le cadre des 40 ans de l'indépendance, a une conviction inébranlable dans le changement en mieux à venir. Beaucoup de réalisations déjà ont mis la République en bonne position sur la carte du monde. Le passé est encore cette lanterne qui guide et le présent est une muse inspirant des idées des plus grandioses. Personne, aucune force ne peut plus arrêter la marche du Parti travailliste, dit-il...
Mauritius Times : C'est un gouvernement, majoritairement travailliste, qui est appelé cette année encore à organiser les célébrations de l'indépendance. Fortuite coïncidence sans doute, mais quelles réflexions faites-vous 40 années après le 12 mars 1968 ?
Dr Navin Ramgoolam : L'indépendance fut l'aboutissement d'un long combat initié par le Parti travailliste (PTr) dès sa création en 1936 pour l'amélioration des conditions de vie des travailleurs, pour la reconnaissance de leurs droits fondamentaux et pour jeter les bases d'une société moderne qui puisse garantir justice et dignité aux travailleurs. Ce long et dur combat fut mené dans des conditions difficiles face à l'opposition d'une oligarchie économique et politique qui utilisa toutes les armes de la répression et de la division pour préserver ses privilèges et son pouvoir économique. L'indépendance fut acquise dans la division et toute l'œuvre du Parti travailliste et du père de la nation, sir Seewoosagur Ramgoolam après l'indépendance fut de travailler activement pour la réconciliation nationale afin que, dans l'unité retrouvée, le pays puisse reprendre la voie du progrès et du développement dans l'intérêt de tous. La devise du Parti travailliste fut l'Unité dans la Diversité. La réussite fut telle que la réalité de l'indépendance a été acceptée par tous. Cependant il faut dire que les forces conservatrices n'ont pas cessé de semer la division afin de préserver leurs privilèges dans une société aux structures foncièrement inégalitaires. Le combat commencé par le Parti travailliste en 1936 garde, aujourd'hui encore, toute son actualité bien que les conditions aient changé. Le combat pour le progrès, pour la création d'une société plus juste et plus équitable, pour la dignité humaine n'est jamais terminé. Nous devons rester toujours vigilants car les moyens à la disposition des forces conservatrices sont énormes et multiples. L'indépendance politique créa les conditions d'un développement différent qui permit de jeter les bases d'un Etat moderne alliant progrès économique et justice sociale dans le cadre d'une économie mixte. Un travail énorme fut abattu dans différents domaines tels que la diversification économique avec le démarrage du tourisme et de la zone franche ; le développement des infrastructures et des services : routes, téléphone, eau, électricité, aéroport, port etc. à la base du développement économique ; la création du Welfare State et des services sociaux tels que la santé, la pension de vieillesse, le logement ; l'instauration de l'éducation gratuite au primaire et secondaire et la création de l'Université de Maurice. Cet investissement énorme dans l'éducation permit le développement économique ultérieur et la mobilité sociale qui apporta un dynamisme au niveau social ; la mise sur pied et la consolidation des institutions indépendantes telles que le judiciaire, la Police ou le service civil qui constituèrent l'ossature de l'Etat mauricien moderne. Tous ces développements qui allaient dans la direction de l'établissement d'une société ouverte sur le plan économique et solidaire sur le plan social, portent la marque du Parti travailliste et du père de la nation, sir Seewoosagur Ramgoolam. Les années 80 et 90 ont vu l'accélération de ce processus de développement avec l'apparition de nouveaux secteurs d'activités tels que le secteur financier, l'offshore et le port franc. Malheureusement nous avons connu trois chocs : la fin des préférences de l'Union européenne pour notre sucre, le démantèlement de l'Accord Multifibre et le prix du pétrole qui est passé à $103 le baril, ce qui a amené une perte de plus de 25 000 emplois dans le textile. Face à ce mouvement, l'Alliance sociale, sous le leadership du Parti travailliste élabora un plan de sauvetage économique et social centré autour de la notion d'ouverture et de démocratisation de l'économie, renouant ainsi avec la philosophie ayant toujours guidé le Parti travailliste. Je cite notre programme gouvernemental (à la page 11 - 12) : « Une société plus ouverte qui crée des opportunité pour tous est une société plus efficiente et prospère. C'est pour cela que la démocratisation de l'économie est au centre de notre projet. La démocratisation de l'économie permettra de créer une société d'opportunités qui mobilisera l'intelligence, la créativité et les compétences des mauriciens et redonnera un nouveau souffle à notre économie. La démocratisation de l'économie n'est pas pour nous un slogan politique. C'est une vision de l'île Maurice moderne. C'est un modèle de développement qui est tourné vers l'avenir. » * Le contexte aujourd'hui est différent : les adversaires d'hier sont aujourd'hui à vos côtés au sein du gouvernement, et le « péril hindou » a tout bonnement été oublié. Qui est, sinon qui sont, l'adversaire/les adversaires du Parti travailliste aujourd'hui ? -- Nous avons pour vocation de rassembler toutes les bonnes volontés dans la création d'une île Maurice moderne, capable de donner des opportunités à tous ceux qui font l'effort d'aller de l'avant ; de donner des perspectives d'emplois différents à nos jeunes de mieux en mieux formés, dans un esprit de méritocratie et de respect des compétences. Tout cela en accordant une attention particulière aux aînés, à ceux qui ont été frappés par le sort et à ceux qui ont besoin de soutien. Croissance économique doit pour nous se conjuguer avec justice sociale. Nous voulons une société de partage et de solidarité, de respect et de reconnaissance de l'Autre et de ses valeurs. Nous ne devrions pas avoir d'adversaires sur cette base-là. Nos adversaires ne peuvent être que ceux qui restent bloqués sur leurs privilèges économiques et qui refusent de participer à ce mouvement national de renouveau. Nos adversaires ne peuvent être que ceux qui font des manœuvres de division afin de retarder le progrès économique et social plutôt que d'accepter le changement dans un esprit de partage. Nous sommes un petit pays, mais nous sommes une grande nation, avait dit Mme Gandhi en parlant de Maurice. Elle avait raison. En unissant nos efforts et nos énergies dans un esprit de respect et de reconnaissance de nos différences, nous pouvons faire de notre pays un exemple de réussite économique, sociale et culturelle qui sera un exemple pour le monde. * Il est évident, même légitime, que tout Premier ministre souhaiterait laisser ses empreintes dans l'histoire du pays. SSR a mené la lutte pour l'indépendance et la mise en place du ‘Welfare State'. Comment souhaiteriez-vous marquer l'Histoire ? -- J'aurais voulu être connu comme celui qui a modernisé le pays. En outre, notre devoir historique est non seulement de faire de Maurice le centre d'affaires de la région avec tout ce que cela comporte comme opportunités pour les Mauriciens mais également et surtout d'établir les bases d'une véritable démocratie économique où aucun Mauricien ne se sentirait exclu du développement, complétant ainsi le processus d'indépendance politique. Nous avons tous les éléments pour réaliser cette ambition. Nous avons déjà progressé sur cette voie. Il s'agit de continuer. * A entendre les discours des uns et des autres par rapport aux « hypocrites », etc., qui se trouveraient dans votre alliance, on pourrait croire que l'adversaire du Parti travailliste aujourd'hui, ce n'est pas les hommes mais aussi l'idéologie dépassée du parti elle-même, qui ne sied plus aux exigences du moment. Faut-il dans le nouvel environnement local et international réinventer cette idéologie en 2008 selon vous ? -- La vie elle-même est en évolution permanente. Le monde évolue à un rythme de plus en plus rapide. Nous devons être ouverts à toutes les opportunités qui s'offrent à nous sur le plan des affaires et du développement économique. Il nous incombe d'apprendre des expériences des autres pays et des autres peuples. Cependant il nous faut rester fermes sur nos principes. Et cela veut dire que nous devons toujours nous souvenir que le développement est au service de l'épanouissement de l'homme et non pas le contraire. Le développement économique, la croissance, la richesse, bref ceci ne prend son sens que s'il peut apporter le sourire à nos concitoyens et s'il peut soulager la souffrance de ceux qui sont dans le besoin ou qui sont frappés par le sort. Notre action actuelle se situe dans la droite ligne de la philosophie des pères fondateurs du parti. Promotion de toutes les cultures ancestrales, promotion du mauricianisme, ouverture sur les autres, promotion de l'harmonie sociale, création et distribution équitable des richesses, mise en place des moyens de développement optimal des enfants tant sur le plan de la santé que sur celui de l'éducation et de la formation, solidarité envers les plus démunis. Il y a accord entre tous les partenaires de l'Alliance sociale sur les principes qui guident notre action au jour le jour. * Concrètement, qu'est-ce que le Labour Party représente aujourd'hui ? -- Si vous voulez caractériser le Parti travailliste, aujourd'hui comme hier, un mot me vient à l'esprit : dignité. Le combat pour la dignité de l'homme est global. La dignité de l'homme entraîne son respect en tant qu'individu. Sur le plan social, la dignité suppose l'égalité des chances, la reconnaissance et le respect de la différence, l'égalité des droits, etc. Sur le plan économique, la dignité veut dire « empowerment » de l'individu, le démantèlement des monopoles, l'aide aux PME et elle mène à la démocratisation économique. La dignité renvoie aussi à la Justice Sociale, à la Solidarité et à la Fraternité. Sur le fondement de la dignité humaine, nous pouvons construire une société plus juste, plus équitable, qui offre des chances égales à tous sans barrières de race, de religion ou de sexe. Note action au gouvernement peut être lue et interprétée sur la base de cette recherche permanente de dignité à tous les niveaux. * Ce que vous venez de dire est une déclaration d'intentions, mais dites-nous ce que votre gouvernement, fidèle à son engagement électoral mais surtout à son idéologie, a pu réaliser concrètement après deux ans et demi au pouvoir? -- Je vais vous donner quelques points forts de nos réalisations pendant deux ans et demi. L'économie était sur les récifs. Nous l'avons remis sur pied. Nous avons arrêté le déclin économique. Les usines fermaient tous les jours dans le secteur textile. Les emplois se perdaient par milliers. 25,000 pour le textile seulement. Ce processus a été arrêté. Le secteur a été consolidé. Des milliards d'investissements sont réalisés dans l'intégration verticale. Nos usines actuelles se sont restructurées pour faire face à la compétition internationale. Ce secteur respire aujourd'hui. Des accidents comme Manupan vont se produire : cela fait partie de la vie industrielle. Mais des solutions seront trouvées. L'emploi stable est disponible par milliers dans le secteur du textile aujourd'hui. Ce sont les Mauriciens qui devraient en profiter au lieu de les laisser aux travailleurs étrangers. Pour le secteur sucrier, nous avons élaboré une win-win situation pour les planteurs, les laboureurs, les artisans afin de sauvegarder leur avenir dans le cadre d'une nouvelle industrie de la canne où ils pourront participer à l'actionnariat à hauteur de 35% dans toutes les entreprises du nouveau secteur de la canne. Et il faut dire que ces entreprises seront profitables. C'est un grand pas en avant et la reconnaissance par les usiniers de la contribution des travailleurs au développement de ce secteur historique. Cette reconnaissance qui leur donne une nouvelle dignité a été obtenue de haute lutte. J'ai déjà eu l'occasion de dire que cet accord est historique. Pour la première fois de leur histoire, les usiniers et propriétaires sucriers ont reconnu aux travailleurs le droit de profiter eux aussi de la prospérité de l'industrie sucrière réalisée grâce à leur travail, comme cela aurait dû avoir été le cas depuis toujours. Les travailleurs sont dorénavant considérés comme partenaires du développement par les usiniers. C'est là un exemple de changement et d'ouverture de la part du patronat historique. C'est là un nouveau départ, c'est le premier pas vers l'élaboration d'une nouvelle mentalité fondée sur la reconnaissance de la valeur de l'autre comme individu. J'ose espérer que c'est le début d'une révolution culturelle. C'est là l'exemple même du changement d'attitude et de mentalité qui, nous espérons, va créer un précédent et qui sera adoptée dans d'autres secteurs. C'est comme cela que nous allons créer l'île Maurice nouvelle, pas à pas, en reconnaissant mutuellement notre différence mais aussi notre solidarité dans la construction de notre pays. Je suis heureux de constater que les représentants du secteur sucrier se montrent heureux de ce développement et j'espère qu'ils vont continuer sur cette lancée pour ce qui est de la production d'énergie par les propriétés sucrières. Ils démontreront ainsi leur engagement profond pour le changement vers une île Maurice moderne ouverte et débarrassée des préjugés d'un autre âge. Quant aux travailleurs qui vont être appelés à prendre leur retraite volontaire (VRS) dans le cadre de cet accord, ils ont obtenu une compensation qui leur a donné toute satisfaction. La gestion du dossier sucre montre clairement la volonté du gouvernement non seulement d'assurer l'avenir de ce secteur mais aussi d'aider à son ouverture et à sa démocratisation. Fidèle à notre engagement électoral de relancer l'économie et de la consolider, nous avons poussé à la création de nouveaux secteurs économiques afin de profiter des opportunités de la mondialisation tout en offrant des possibilités de nouvelles d'emploi à nos jeunes de mieux en mieux formés. Il en est ainsi du secteur de seafood hub qui emploie plus de 5,000 personnes et où des investissements importants sont prévus. Le secteur de la technologie informatique est en pleine expansion et va dépasser la barre des 10,000 emplois avant la fin de l'année. Ici encore des investissements importants sont prévus, ce qui préfigure un développement accéléré dans les années à venir. Des centres de formation vont offrir des cours à différents niveaux aux étudiants afin de satisfaire les besoins en personnel qualifié. Le secteur sera un pourvoyeur d'emplois stables et bien rémunérés et j'incite les jeunes à se lancer dans ce secteur prometteur pour eux-mêmes et pour le pays. Le secteur de l'excellence et de la connaissance est aussi bien lancé avec de nombreuses institutions internationales qui sont intéressées à apporter leur concours pour la formation de nos jeunes par des emplois dans différents secteurs ou par le recyclage ou la formation permanente des travailleurs déjà employés. Ces institutions aident aussi le pays à se positionner comme fournisseur de services au niveau régional. Il y a encore le medical hub avec l'arrivée des hôpitaux hi-tech et des universités réputées pour la formation de nos médecins. Les perspectives pour nos jeunes sont importantes alors que le tourisme médical recevra un coup de fouet, sans oublier les possibilités de traiter nos malades sur place au lieu de les envoyer à l'extérieur à grands frais, faute de facilités adéquates et d'équipements lourds et onéreux. C'est un secteur qui profitera aux malades, aux jeunes et au tourisme. L'industrie pharmaceutique commence aussi à prendre son essor et va sans doute se consolider à l'avenir grâce à nos contacts au niveau de l'Afrique. Le tourisme est destiné à occuper une place très importante dans le paysage mauricien. Ce secteur a démarré très fort après le déclin connu sous le précédent régime et nous avons l'ambition d'accueillir deux millions de touristes d'ici 2015. Ceci implique un développement dans différents secteurs, notamment l'accueil à l'aéroport, le transport, la disponibilité d'un nombre important de nouvelles chambres d'hôtels. Une industrie touristique florissante continuera à donner des emplois stables à des dizaines de milliers de jeunes. Elle dynamisera notre secteur de la restauration, de l'artisanat et de la production de légumes, créant ainsi de nombreux emplois indirects qui vont irriguer toute l'économie et apporter du pouvoir d'achat à des milliers de jeunes et de chômeurs. Voilà en quelques mots les réalisations sur le plan de l'économie au cours des dernières années. Il y a encore beaucoup à dire, par exemple, sur le secteur du port franc, des services financiers ainsi que sur le nouveau secteur Land-based oceanic industry. Notre assise économique est beaucoup plus solide aujourd'hui, grâce à ces nouveaux et nombreux piliers. Et cela après seulement deux années et demi de gestion. Nous avions aussi pris l'engagement dans notre programme électoral de donner à ceux qui en avaient la volonté, les moyens de mettre sur pied leur entreprise. C'est ce qui a été fait avec l'Empowerment Programme. Un budget exceptionnel de Rs5 milliards établi sur 5 ans a été prévu pour ce projet qui vise à : Assurer une formation payante à des jeunes, des femmes et des chômeurs afin de leur permettre d'obtenir un emploi ou de se recycler dans un autre secteur d'activité. (ii) Une aide pour la mise sur pied des petites et moyennes entreprises (dans différents secteurs dont l'agriculture, l'agro-industrie, l'artisanat, la pêche etc.) avec un soutien financier, technique et en management. L'Empowerment Programme a aussi organisé des foires dans diverses régions pour promouvoir l'emploi dans différents secteurs économiques tels que les différents métiers du tourisme, l'informatique, etc. Ces foires ont eu beaucoup de succès et de nombreux jeunes ont été recrutés par les différentes entreprises qui y avaient participé. L'Empowerment Programme a désormais trouvé son rythme de croisière s'agissant de la formation et des foires d'emplois. Des efforts doivent encore être faits en liaison avec d'autres institutions concernant l'aide à apporter aux PME afin qu'ils aient les meilleures chances de réussir. Il en est de même de l'action qui doit être menée pour encourager le processus de démocratisation dans des secteurs tels que l'hôtellerie afin que les bénéfices provenant de ce secteur soient mieux partagés avec la population. Il est clair que ce programme a été mis sur pied afin d'aider les gens à se prendre en charge eux-mêmes, de se lancer dans de petites entreprises soit seuls, soit en groupes afin de travailler pour eux-mêmes et pour leurs familles. C'est là un moyen d'élargir l'espace économique, de rendre les gens autonomes et de leur redonner leur dignité. Nous progressons sur cette voie. Sur le plan Tian Li, nous ne pouvons ne pas mentionner le plus grand projet jamais réalisé à Maurice et qui concerne l'établissement par la société chinoise Tian Li d'un centre industriel et commercial à Riche-Terre sur une superficie de 500 arpents avec un investissement de Rs20 milliards. Ce projet permettra la création de 38 000 emplois directs et 8 000 emplois indirects et apportera des recettes en devises étrangères de Rs7 milliards tous les ans. Les secteurs concernés comprennent le textile, l'informatique, l'ingénierie légère et les produits seront exportés vers l'Afrique. Ce projet est un exemple de diplomatie économique réussie car nous avons utilisé nos bonnes relations avec le gouvernement chinois pour les persuader de choisir Maurice pour l'implantation de ce centre chez nous, ce qui consolidera notre rôle de centre d'affaires dans la région et de porte d'entrée de la Chine et de l'Inde en Afrique. Par ailleurs, l'implantation de ce centre a été fait dans le dialogue avec les petits planteurs de la région qui ont été adéquatement compensés. Ces derniers pourront vendre leurs légumes dans le nouveau centre de développement intégré dont les travaux de construction démarrent dans les prochains mois. Les artisans de la région pourront aussi proposer leurs services aux entreprises chinoises qui viendront s'y installer. Le projet Tian Li est le plus important projet de développement intégré jamais réalisé à Maurice et il s'intègre parfaitement dans le cadre du développement visant à faire de Maurice le centre d'affaires incontournable de la région et le pont entre l'Asie et l'Afrique. Ce projet va faire franchir une nouvelle étape au développement du pays. Nous avons ainsi réalisé un résultat exceptionnel sur le plan économique, conforme à l'engagement pris auprès de l'électorat. Dix mille emplois ont été créés, en moyenne, chaque année alors que des milliers d'emplois sont disponibles dans différents secteurs, surtout dans la construction. Il existe un point noir à ce tableau et il s'agit de la question de l'augmentation des prix. Il faut comprendre que c'est là un phénoménal mondial et que tous les pays indistinctement sont affectés, à commencer par les producteurs eux-mêmes. Le prix du pétrole dépasse aujourd'hui les $100 le baril alors qu'il se situait à $40 le baril en juillet 2005. Les prix des produits alimentaires tels que le blé, la farine, le maïs, le lait ont connu des augmentations variant entre 40 % à 70 % au cours de l'année écoulée. Ces augmentations sont attribuées aux conditions climatiques ; de l'augmentation de la consommation dans certains pays tels que la Chine et l'Inde et de l'utilisation de ces produits dans la production de carburant écologique. Nous ne sommes pas restés les bras croisés face à ces augmentations. Nous avons pris le problème à bras de corps et nous avons pris une série de mesures dans différents domaines afin de diminuer au maximum l'impact de ces augmentations sur la population et surtout sur les plus faibles. - (i) La première mesure est la plus importante et concerne la création d'emplois. En obtenant un emploi, le chômeur obtient un revenu qui lui permet de faire face à ses dépenses. Plus le nombre de personnes ayant un emploi augmente dans les familles, plus cette famille peut faire face aux augmentations de prix.
- (ii) Deuxièmement les subventions ont été augmentées de façon importante sur les produits de base.
- Ainsi les subsides sur la farine ont augmenté de Rs 400 millions à Rs 660 milions par an;
- Les subventions sur le gaz sont passées de Rs 275 millions à Rs 600 millions par an;
- (iii) Un soutien financier a été mis en place pour ceux qui en ont le plus besoin. Ainsi 71 989 familles (140 000 personnes) obtiennent un income support pour compenser la réallocation des subsides sur le riz et la farine.
- (iv) Des accords ont été passés avec le gouvernement indien pour l'achat du pétrole par la compagnie indienne Mangalore Oil Refineries Ltd afin de faire une économie qui se chiffre à Rs350 millions par an sur notre facture pétrolière.
- (v) Le gouvernement a libéralisé l'importation des denrées de base et du lait et encourage les compagnies importatrices à prospecter les marchés où elles pourraient réaliser des économies et les faire répercuter sur les consommateurs.
- (vi) Le gouvernement a introduit une Competition Act dont le but est d'exercer un contrôle sur les cartels et monopoles et de favoriser la compétition qui aura un effet positif pour le consommateur.
- (vii) En dernier lieu, la stabilisation de la valeur de la roupie permet d'arrêter la hausse continuelle des prix des marchandises importées.
Le gouvernement suit la situation de près et agira en conséquence. Il est évident que les couches les plus fragiles de la population doivent être protégés au maximum des effets des augmentations de prix. La lutte contre la pauvreté est un objectif prioritaire du gouvernement. Il y va de la paix sociale dans le pays et j'ai déjà eu l'occasion de souligner que nous avons un devoir de solidarité nationale à l'égard des éléments les plus faibles de la société. * Direz-vous, M. le Premier ministre, qu'il y a des obstacles - des « hypocrites », ou même des ministres à qui on ne peut accorder toute sa confiance - qui freinent la mise en application de l'idéologie PTr ? -- Comme je vous l'ai déjà dit, tous les membres de l'Alliance sociale sont sur la même longueur d'onde en ce qu'il s'agit de la réalisation de notre programme gouvernemental. Il peut y avoir débat sur les moyens d'action. C'est ce qui se passe à l'heure actuelle concernant le « ciblage » pour lutter contre la pauvreté. Cela est normal et sain en démocratie. L'objectif est cependant très clair : nous devons tout faire pour faire reculer la pauvreté à Maurice. * Mais il y a de toute évidence un problème de cohésion au sein de l'équipe gouvernementale, n'est-ce pas ? -- Telle n'est pas ma perception. Je le souligne de nouveau : le débat est nécessaire et utile au sein du gouvernement. Il permet d'avancer et de trouver des solutions les plus appropriées. Cependant, une fois qu'une décision est prise, elle est doit être appliquée. Une remarque au sujet de la cohésion du gouvernement. Je dois dire que le MMM a toujours fantasmé au sujet de la cassure du gouvernement de l'Alliance sociale. Son leader annonce, presque à chaque conférence de presse, que tel ou tel ministre de l'Alliance sociale va démissionner dans les jours ou les semaines à venir. Les jours passent, les semaines passent. Et le Leader de l'Opposition continue à répéter ses fantasmes. Je le laisse à ses doux rêves. * Que répondriez-vous à l'électorat s'il devait vous demander si la situation au niveau de la corruption, du Law and Order, du coût de la vie s'est améliorée ?- - Au niveau de la corruption, l'ICAC fait son travail de façon efficace. Il y déjà le cas d'un député et ancien ministre qui a été envoyé par le DPP à la Cour pour être jugé. Une enquête a été menée sur un député de l'Alliance sociale. Des enquêtes sont menées sur des corps para-étatiques tels que la NHDC, le MHC et SICOM. Une trentaine de cas est en suspens devant le DPP.Il y a 5 cas qui sont devant la Cour intermédiaire. Voilà le résultat du travail de l'ICAC. Il fonctionne de façon autonome et à son rythme. Qu'il continue son travail dans la sérénité ! Sous l'ancien régime, faut-il rappeler qu'aucune enquête n'avait été menée soit sur des députés ou ministres du gouvernement précédent ; aucune enquête n'avait été initiée sur un corps para-étatique quelconque et qu'aucune enquête n'était initiée sur des conseillers municipaux manzé-boire à l'époque. Je dois ici condamner la campagne malsaine menée par le MMM contre l'ICAC. Le MMM a toujours crié au loup et accusé de corruption ses adversaires. Cependant, il s'est toujours évertué à discréditer toutes les institutions qui ont été mises sur pied pour traquer la corruption aussitôt qu'un de ses membres était mis en cause. Nous nous rappelons tous de l'épisode de l'élimination de l'ECO en vingt-quatre heures parce que cette institution avait eu l'audace de vouloir poser des questions à un Senior Minister du MMM. Ce jeu malpropre du MMM est connu de tous et ne fait même plus rire. Au sujet du Law and Order, je dois dire qu'il faut faire la distinction entre la criminalité qui concerne, par exemple, les crimes tels que les meurtres crapuleux, les crimes de passion, les viols et la question de l'ordre et la paix publics (law and order) à proprement parler. Des mesures ont été prises pour faire respecter le Law and Order. C'est un dossier qui me tient à cœur et je pense qu'une action globale doit être menée à différents niveaux afin d'améliorer les conditions de travail et la formation des officiers, de régler les problèmes de logistique et de moderniser les équipements afin de mieux traquer les criminels. Le « Forensic Science » avec l'aide d'une équipe de spécialistes venant de l'Université de Staffordshire en Grande-Bretagne. Des contacts ont déjà été pris aussi bien en France, qu'en Inde et en Grande-Bretagne afin de pouvoir bénéficier de leur aide dans cette tâche de grande envergure et des actions ont déjà été enclenchées, dont les résultats devraient aider à renforcer le Law and Order et à assurer une meilleure sécurité pour les personnes et les biens. * Votre gouvernement a fait de la démocratisation de l'économie son cheval de bataille lors des dernières élections. Etes-vous satisfait du « progress report » à ce jour ? Etes-vous satisfait qu'on achemine finalement vers une situation où « bef travail, bef mangé » ? -- Nous avons fait accepté le concept, ce qui est déjà important car l'idée même de démocratisation était farouchement combattue pendant les dernières années par beaucoup de personnes. Aujourd'hui la démocratisation réalisée dans le cadre de la réforme de l'industrie sucrière est unanimement reconnue comme une chose positive, une win-win situation qui profite à tous. Il s'agit maintenant de réaliser cette démocratisation dans d'autres secteurs. Par ailleurs l'Empowerment Programme fait du bon travail dans la voie de l'ouverture de l'espace économique en faveur des petites et moyennes entreprises. Je suis confiant qu'avec la bonne volonté de tous, nous allons élaborer un modèle mauricien de développement qui prenne en compte l'apport des différents partenaires dans la création de la richesse commune. * Etes-vous personnellement satisfait de l'encadrement institutionnel de l'Empowerment Programme, par exemple, mise en place pour démocratiser l'économie ? -- L'Empowerment Programme dispose d'une structure très légère afin de pouvoir travailler avec souplesse avec d'autres institutions pour mettre les moyens à la disposition de ceux qui veulent soit se former, se recycler, lancer des petites entreprises soit pour être présents dans le domaine du logement social ou la diversification agricole. Son objectif fondamental est de mettre des moyens à la disposition des gens afin qu'ils puissent améliorer leur sort ou avoir une activité autonome : c'est de la démocratisation au sens large du terme, c'est-à-dire la diffusion plus large du pouvoir économique. Le dossier de la démocratisation des secteurs existants n'a pas encore été véritablement abordé par le Programme. L'Empowerment Programme est un programme jeune qui trouve son rythme de croisière petit à petit. Des responsabilités importantes viennent de lui êtres confiées dans le cadre de la réforme du secteur sucre. Le temps est peut être venu de procéder à une évaluation des réalisations et de voir s'il y a lieu de renforcer l'encadrement institutionnel, surtout au vu des sommes importantes qui sont déboursées dans le cadre de ce programme. * Quelle explication donnerez-vous au temps qu'on y met pour légiférer en faveur des « Equal Opportunities » et pour faire fonctionner la ‘Competition Commission' ? -- Le sujet est très complexe et nous étudions le modèle de législations existant dans différents pays et l'expérience de ces pays (Grande Bretagne, Irlande) afin de voir dans quelle mesure ces expériences peuvent nous aider à faire adopter une loi qui puisse être applicable de façon efficace dans le secteur public et privé à la fois. Il faut nous assurer que cette législation ne puisse pas être contestée en Cour pour la rendre inopérante de la part de ceux qui n'auraient aucun intérêt à faire preuve d'ouverture en ce qu'il s'agit du recrutement et de la promotion de leur personnel sur la base de la méritocratie et qui soit à l'image de la diversité mauricienne. Les travaux préliminaires sont terminés et la législation a été soumise à Lord Lesler qui a travaillé sur l'Equal Opportunities Act de la Grande Bretagne pour ses commentaires. Le projet de loi est maintenant prêt et ses dispositions seront bientôt rendues publiques pour un large débat avant que cette législation ne vienne devant le Parlement. * Vous avez sans doute pris connaissance des milliards de profits enregistrés par les compagnies hôtelières, celles impliquées dans le projet IRS, les banques lors du dernier exercice financier. C'est inévitable probablement mais cela pousse davantage vers la concentration de l'économie entre les mains d'une poignée - cela même que vous avez dit vouloir combattre. Comment réagissez-vous face à cette situation ? -- Le pays passe par une période de transition difficile et douloureuse pour une partie de sa population alors que certaines grosses entreprises profitent des opportunités offertes par la globalisation pour réaliser des profits conséquents. C'est, bien sûr, le fruit de leur initiative et de leur savoir-faire. Il n'est pas moins vrai, par ailleurs, que ces compagnies doivent s'intégrer harmonieusement dans leur milieu naturel d'où l'élaboration de la notion de « corporate social responsibility ». La paix sociale est nécessaire pour l'épanouissement de ces entreprises et ce serait de la bonne politique de leur part de participer à leur niveau à l'œuvre de réforme actuellement en cours afin de réduire les îlots de pauvreté qui existent. * Vous avez certes « sticked your neck out » pour rechercher un meilleur deal auprès des producteurs privés dans le secteur énergétique. Les détails du deal n'ont pas encore été rendus publics, mais vous êtes conscients, n'est-ce pas, que ce deal constituera le « litmus test » de votre engagement pour davantage de démocratisation de notre économie ? -- Nous avons vu, tenant compte de l'expérience, que les accords passés entre les Independent Power Producers (IPP) et le Central Electricity Board (CEB) pour la vente d'énergie à cet organisme ont joué totalement au détriment du CEB et a permis à ces compagnies de réaliser des bénéfices énormes et cela sans grands risques, le tout financé par la population à travers sa facture d'électricité. Je considère que cette situation est totalement injuste et inacceptable et doit être rééquilibrée dans l'intérêt national. Des contrats de ce type ont déjà été revus dans les pays tels que la France, la Grande Bretagne, et même chez nos voisins de la Réunion. Nous nous attendons à ce que cette question soit revue dans le même état d'esprit que celui de l'accord sur la réforme de l'industrie sucrière qui a vuune win win situation' pour tous les partenaires, notamment les planteurs, les laboureurs et les artisans avec une prise de participation de 35% de ces derniers dans toutes les lignes d'activités qui seront mises en place dans le cadre de la réforme de ce secteur. La question de l'énergie constitue un aspect essentiel de cette réforme et nous nous attendons à ce que l'expertise qui va être mise sur pied bientôt apportera des solutions satisfaisantes pour toutes les parties concernées. Nous suivons ce dossier de très près car il y va d'une question d'équité et d'intérêt national. Il faut ajouter qu'à la lumière de l'expérience acquise, le contrat en négociation entre le CEB et CT Power pour la mise sur pied d'une centrale charbon est foncièrement différent de celui conclu précédemment avec les producteurs indépendants existants. * On parlait auparavant des « hypocrites » au sein de votre gouvernement. L'affaire de ciblage est-elle close ? En d'autres mots, « there is no alternative » ? -- Il ne faut pas qu'il y ait des malentendus sur la question de la lutte contre la pauvreté. Nous sommes tous d'accord sur la nécessité de cette lutte pour le maintien de la paix sociale nécessaire à la poursuite de notre programme de développement économique. Comme j'ai eu l'occasion de le dire, le développement économique n'est pas une fin en soi. Il doit au contraire servir à améliorer les conditions de vie de toute la population, sans exclusion aucune. Nous devons mener une lutte sans relâche pour l'éradication de la pauvreté et la promotion de la dignité humaine : cela constitue le credo de base du PTr. Il s'agit de savoir comment nous pouvons apporter une aide supplémentaire à ceux qui sont le plus dans le besoin tout en ne privant pas ceux et notamment la classe moyenne qui font déjà face à des difficultés. Il s'agit de déterminer un seuil qui soit acceptable et, d'autre part, il faut envisager des moyens de faire contribuer ceux qui ont d'importants revenus à un effort de solidarité nationale en faveur des plus démunis dans la phase de transition difficile que traverse le pays à l'heure actuelle. Il faut ajouter qu'une certaine forme de ciblage a toujours existé, par exemple, en ce qu'il s'agit de l'allocation de logements sociaux ou plus récemment avec la subvention accordée pour le paiement des frais d'examens de la SC et de la HSC. Tout est question d'équilibre à trouver dans le cadre de l'évolution de la situation économique. * On sait qu'il pourrait y avoir les partielles au no 8, mais à voir vos ministres défiler sur les estrades de Grand Bassin ces derniers jours et vous-même enfourcher le bhojpuri avec beaucoup de conviction, ça sent des élections dont l'enjeu serait aussi important qu'une partielle...? -- La question de bhojpuri renvoie à nos relations avec le Bihar. Nombreux sont les Mauriciens qui veulent retrouver leurs racines ancestrales. Ce désir est légitime et apporte un élément qui aide la personne à mieux se situer dans le monde et à mieux établir ses rapports avec les autres sur la base du respect mutuel. Le PTr a toujours favorisé la préservation et la promotion des cultures ancestrales à côté des efforts faits pour créer une personnalité mauricienne riche de ses différences. C'est à ce niveau que se situent le rétablissement et l'intensification des rapports avec l'Etat indien du Bihar tout comme nous avons des liens étroits avec les autres Etats de peuplement en Inde tels que le Maharastra, l'Andhra Pradesh, le Tamil Naidu et bientôt le Rajasthan. Nous avons établi les même rapports étroits avec les Etats tels que la Chine, le Mozambique, Madagascar ou la France. Il ne faut pas tout voir à travers le prisme politique. Pour revenir au Bihar, l'établissement des relations plus étroites avec cet Etat arrive à point au vu de l'accueil qui a été réservé à moi-même et à ma délégation à tous les niveaux aussi bien au plan de l'administration, de la population que des médias. Cette visite fut véritablement historique et j'ai invité le Chef ministre du Bihar, mon ami Nitish Kumar, à venir participer à la conférence internationale organisée par le SADC à Maurice sur la façon de lutter plus efficacement contre la pauvreté. Une dernière réflexion sur cette visite au Bihar. Le gouvernement mauricien entretient de très longue date des rapports très étroits avec le gouvernement indien. L'établissement des rapports entre les Etats indiens et Maurice est un moyen pour approfondir cette relation au niveau des échanges entre les populations des deux pays et c'estlà encore un élément très positif. Le fait que je parle le bhojpuri a l'air de vous surprendre. Puis-je dire que l'homme est caractérisé, entre autres, par la recherche de la connaissance qui est source d'enrichissement personnel ? * Vous avez théoriquement deux années devant vous avant l'expiration de votre mandat, donc deux budgets pour rectifier le tir si besoin est. Etes-vous confiant de pouvoir ré-éditer l'exploit de 2005 avec la même équipe - sans une alliance avec d'autres partis ? -- Tout n'a pas été facile. Nous avons pris les rênes du gouvernement au moment où le déclin économique était une réalité et où l'écart entre les riches et les pauvres se creusait davantage. Et nous avons eu à faire face aux trois chocs auxquels j'ai fait référence, c'est-à-dire la fin des préférences pour le sucre, le démantèlement de l'Accord Multifibre, et la montée en flèche du pétrole qui est passé à $103 le baril. Vu la conjoncture, je suis globalement satisfait de la performance du gouvernement. Bien sûr, tout n'est pas parfait et nous nous efforçons d'améliorer les choses en tenant en compte les préoccupations et les commentaires de la population. Notre objectif demeure le changement de la vie des Mauriciens. Nous sommes sur la bonne voie et nous avons bien du pain sur la planche. Je suis certain que la population sera satisfaite du bilan que nous allons lui présenter au moment des prochaines élections. * On note ces derniers temps une soudaine nostalgie de la part du MMM, de M. Paul Bérenger en particulier, pour les « Jugnauth days ». Est-ce que cela vous inquiète lorsque la nostalgie commence à s'insérer dans les calculs politiques de l'adversaire ? -- Le leader de l'opposition est dépassé. Il semble vivre dans le passé comme vous le faites ressortir. Nous travaillons pour assurer une meilleur Avenir pour tous. Face aux défis qui confrontent le pays le badinage autour de la distribution des postes de Premier ministre et de ministres entre les membres de l'opposition condamne cette opposition à l'insignifiance politique. * Une partielle au no 8, c'est quand même dérangeant, n'est-ce pas ? -- We shall cross the bridge when we come to it. * Est-ce exact que le Président vous a laissé entendre qu'il ne souhaiterait pas un renouvellement de son mandat ? Personnellement, souhaiteriez-vous qu'il reste en place ? -- Vous me permettrez de ne pas révéler la teneur des conversations que je suis appelé à avoir avec le Président de la République dans le cadre de nos fonctions. Nous devons respecter nos institutions et les laisser fonctionner sereinement. Mais je peux vous dire que le Président ne m'en a jamais parlé.
Interview Mauritius Times 07/03/07 |